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Billet d’humeur : Le jeu de «Trump, le pacifiste» coûte la vie à des civils dans la région de Kherson

La partie de poker menteur continue, même si le mensonge ne convainc plus que ceux, qui veulent fanatiquement y croire ou participent à ce jeu infâme. Après avoir à peine suspendu le partage de renseignements militaires avec l’Ukraine, Trump déclare être sur le point de le restaurer. Tout cela sur fond de tirs de missiles HIMARS sur un marché dans la région de Kherson et de l’intervention de la Grande-Bretagne pour «préparer» Zelensky à sa rencontre décisive, devant régler la question du marchandage des minerais. La paix, rien de tel ! Mais de «quelle» paix, parlez-vous ?

Trump et la Russie : La Paix, c’est la Guerre !

Dans 1984, Orwell écrivait «La guerre, c’est la paix». A écouter Trump et son équipe, l’on dirait désormais que : «La paix, c’est la guerre». Aux dernières nouvelles, Vance promet des armes à l’Ukraine … si elle s’engage sur le chemin de la paix avec la Russie. Evidemment, à de telles conditions, les Ukrainiens ont accepté et Trump est content. D’ailleurs, il l’a déclaré cette nuit devant le Congrès.

Trump : La vraie / fausse interruption de l’aide militaire au front ukrainien

Les déclarations s’enchaînent et se contredisent à un rythme effrayant. La question de l’aide militaire américaine au front ukrainien est un élément fondamental de la posture pacifique de Trump, devant conduire la Russie à accepter une rencontre bilatérale, devant elle-même aboutir à un accord, dont personne n’a la moindre idée des contours réels. Mais les Etats-Unis ne sont pas les seuls à fournir ce front et Biden, avant de partir, avait prévu un coussin amortisseur. Remettons donc le discours à sa place, celui de discours, dans le cadre d’un conflit militaire.

USA / Russie : plan de «paix minérale» en Ukraine ou entrée dans une guerre de Trente ans ?

La délégation russe est arrivée à Istambul pour discuter avec la délégation américaine des relations diplomatiques entre les deux pays, ce qui va conditionner le reste des échanges, selon Lavrov. Le moment de vérité arrive. Les Etats-Unis semblent réduire le «plan de paix» à un hold-up sur les minerais ukrainiens, les élites globalistes européennes devant gérer la suite des opérations. Tout cela ressemble assez peu à la recherche d’une paix durable. Sommes-nous revenus aux guerres de Trente ou de Cent ans ?

Billet du jour : Zelensky reconduit dans ses fonctions jusqu’à la fin de la guerre

La question de la légitimité de Zelensky ou de son remplacement focalise l’attention des différents acteurs de ce conflit. Une attention somme toute exagérée, même si formellement, en effet, la question se pose. Ne pouvant prendre le risque des élections, les députés ont tenté de voter la prolongation de son mandat. Et comme la «démocratie» ukrainienne l’exige, si une loi ne passe pas la première fois, elle est revotée jusqu’à épuisement des contradicteurs, jusqu’à ce que le résultat attendu soit obtenu. Zelensky est reconduit. Et in fine cela ne change strictement rien.

Conflit en Ukraine : la phase Trump, du bonimenteur au cheval de Troie

Trump a le culot du bonimenteur de foire. D’ailleurs, il ne le cache pas. Il s’en vante. Et c’est bien pour cela qu’il a été accepté par les élites globalistes, qui en ont grandement besoin aujourd’hui. Ses déclarations ne retransmettent pas l’état réel d’une situation, mais la manière dont il la voit, dont il la veut. Ainsi, les discussions avancent très bien avec la Russie et le «deal» sera bientôt conclu. Puisque Poutine est un gars super, qui sera d’accord sur tout. Mais pour l’instant, les pas concrets traînent, car la Russie reste réservée …

Minerais vs. armes : les négociations entre les USA et l’Ukraine sur le point d’aboutir

Trump, qui avait demandé l’accès aux ressources naturelles présentes dans le sol ukrainien en contre-partie de l’aide apportée, annonce que l’accord est sur le point d’être signé, après le premier refus de Zelensky. Autrement dit, d’un côté, les Etats-Unis négocient une certaine «paix», dont les commentateurs s’égosillent depuis quelques jours, et d’un autre côté, il garantit le financement de «l’aide» américaine à la guerre atlantiste conduite en Ukraine contre la Russie. Cela devrait conduire à réfléchir …

USA / Russie : Macron et la crispation des élites globalistes ?

Hier, Macron s’est adressé aux internautes, afin de préciser la position des élites globalistes et celles-ci n’ont pas changé de position : elles veulent toujours la défaite stratégique de la Russie, qu’elles considèrent comme une menace. Simplement, elles ont accepté le fait que cette défaite ne pourra pas être obtenue (à ce jour) sur le champ de bataille. Les buts restent les mêmes, seuls les moyens changent. La question n’est pas celle de l’importance de Macron personnellement, mais de la position et de l’appréciation de la force réelle des élites auxquelles il appartient, et qui n’ont pas magiquement disparu avec l’arrivée de Trump.

Les nouvelles du front des négociations : la Russie reste ferme face aux Etats-Unis

Après la première rencontre des délégations russe et américaine, certains éléments ont été précisés et l’ambiance générale tranche (pour l’instant) franchement avec celle des négociations antérieures. Les Etats-Unis sont maintenus en position de demandeur et la Russie a bloqué les tentatives de dérives atlantistes, directes et indirectes. Le jeu continue et s’intensifie. C’est un long processus, qui n’en est qu’à ses débuts.

USA / Russie : La réunion de préparation des pourparlers a commencé à Riyad

Les délégations russe et américaine sont arrivées hier en Arabie Saoudite et la rencontre officielle a commencé ce matin. Dans la foulée, Zelensky se balade aux Emirats et Trump a eu une conversation téléphonique avec Macron hier, juste avant le début de la réunion de Paris. C’est bien une partie à plusieurs niveaux, qui se jouent, où les ennemis de mes ennemis ne sont pas forcément mes amis — puisqu’ils ne sont pas forcément des ennemis entre eux.

USA / Russie : la guerre «des négociations» est ouverte

Hier, s’est tenu le premier appel téléphonique entre Trump et Poutine, renouant ainsi les contacts officiels à ce niveau entre les deux pays. Si cela lance l’ouverture officielle du front des négociations, il est beaucoup trop tôt pour applaudir à la paix. Une guerre ne prend fin que dans deux cas : soit quand la source du conflit a été éliminée (ce qu’a rappelé Poutine à Trump) ou quand une partie capitule par fatigue (ce qu’espère Trump). Essayons d’analyser rationnellement la situation, puisque la Russie et le monde atlantiste se trouvent chacun à un moment-charnière de leur histoire. 

Front ukrainien : la fantasmagorie d’un Yalta 2.0

Il a appelé ou il n’a pas appelé? Tout le week-end médiatique a tourné autour de l’annonce surprise de Trump, selon laquelle il aurait eu une conversation téléphonique avec Poutine. Le porte-parole du Kremlin botte en touche sur le mode du je ne suis pas au courant de ce dont je ne dois pas être au courant. Pendant ce temps-là, le fameux «clan de la paix — à n’importe quel prix» fantasme sans retenue au sujet d’un impossible Yalta 2.0. La Russie est à un tournant décisif de son histoire : soit elle baisse les bras et tente de négocier un cessez-le-feu à bas coût (en attendant de prendre un coup d’une puissance encore difficilement évaluable, puisque l’on ne respecte pas les faibles), soit elle a le courage d’un véritable combat contre le monde global, ce qui est encore loin d’être évident. 2025, ce n’est pas Yalta et 1945, mais plutôt la Première Guerre mondiale, ses tranchées et ses étranges faiblesses.

America First : les Etats-Unis contre le «droit de l’hommisme» ou à la recherche d’un nouvel instrument ?

Le droit de l’hommisme est non seulement le fondement «moral» du monde de l’après-guerre, mais aussi le fondement de la politique américaine du roll back, la base de la bonne conscience de la globalisation, l’instrument central du soft power américain depuis la chute de l’Union soviétique. Or, Donald Trump vient de prendre trois décisions, qui lui portent un coup sévère : la réduction drastique de l’USAID, la sortie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et les sanctions contre la CPI. Y a-t-il une remise en cause profonde de la politique d’ingérence ou ne serait-ce pas plutôt une rationalisation du système américain d’ingénierie politique, quand le droit de l’hommisme a objectivement perdu toute crédibilité ?

Billet du jour : Gaza, Trump et le Far West global

Trump continue à déployer une politique internationale, dont le cynisme est poussé à l’extrême. Les élites globalistes ont manifestement fait le choix d’une forme extrême du néolibéralisme, qui arrive à ses limites, vidé de l’hypocrisie des «valeurs» derrière lesquelles il cachait sa mauvaise conscience. Au moins avait-il une conscience. On oublie les manières, on garde le fond : Gaza doit être vidé des Palestiniens, appartenir aux Etats-Unis et tout ira bien. La Pax Americana, dans sa version primaire, anti-civilisationnelle, un Far West global.

Les Etats-Unis, Rutte et la colonie européenne

Pour Rutte, le nouveau Secrétaire général de l’OTAN, l’Europe est et doit rester une colonie américaine, puisque de toute manière il ne peut y avoir de défense en Europe sans les Etats-Unis et que l’OTAN est une arme américaine. La boucle est bouclée, il n’y a plus rien à voir, ne reste plus qu’à augmenter les budgets nationaux de la défense. Ou comment les visages changent pour garantir la continuité de la même ligne politique. Rien à voir, on circule.